dimanche 15 février 2015

De San Francisco de la Sierra à Laguna Ojo de Liebre près de Guerrero Negro

Vendredi 13 février. De San Francisco de la Sierra à Laguna Ojo de Liebre près de Guerrero Negro

Il fait dix degrés ce matin. Nous en profitons pour allumer le chauffage à essence 15 minutes. Il faut le faire une fois par mois et aussi bien le faire quand il fait froid. Nous avons très bien dormis. Dans le grand silence mis à part le chant de quelques grenouilles et deux ou trois clochettes de chèvres au loin.

Nous déjeunons puis partons de l'auberge-resto-camping vers 8h15. La lumière du matin est idéale pour les photos du retour. Nous reprenons notre mauvaise route, repassons devant la Cueva del Raton, puis sur les corniches qui bordent le canyon, puis devant les cirrios et arrivons enfin, 40 minutes plus tard et sans anicroche à la partie asphaltée de la route. Un moment de bonheur! Nous montons la petite côte d'un kilomètre et vous voici partis pour la descente. Durant les prochains 28 kilomètres, jusqu'à l'intersection avec la route nationale, je n'ai pas appuyé une seule fois sur l'accélérateur. Au contraire il a fallu utiliser la compression à plusieurs reprises pour ne pas faire surchauffer les freins.







Nous roulons ensuite dans la plaine désertique de plus en plus sablonneuse. Nous sommes en plein désert de Viscaino dans la Reserve de la biodiversité du même nom. La Sierre San Francisco en fait partie aussi. On voit moins de gros cactus et plus de petits buissons. Nous arrêtons en passant faire nos courses à la petite ville de Vizcaino et continuons sur la route nationale jusqu'à une dizaine de kilomètres avant Guerrero Negro où nous bifurquons pour prendre la route menant à la laguna Ojo de Liebre.




C'est une bonne route de gravier qui nous amène 24 kilomètres plus loin à une grand baie de l'océan Pacifique et nommée Laguna Ojo de Liebre. Ce lieu est fameux pour le nombre de baleines grises qui y séjournent durant la migration hivernale. Pendant le mois de janvier , il se voit près de 1500 baleines différentes dans cette baie et près de 2500 en février. La population est en croissance car on en voyait moins de la moitié de ce nombre il y a une quinzaine d'années. C'est aussi un site de mise bas prisé par les cétacés.

Pour se rendre à la baie, il faut passer par des salines, une industrie locale bien vivante. On nous enregistre à l'entrée et aussi à la sortie. Pourquoi? Je me pose la question. L'eau de mer entre dans l'immense bassins par un canal. On ferme les bassins et l'eau s'évapore en six mois environ grâce à la chaleur, au vent et à l'absence quasi totale de précipitation. Ensuite on recueille le sec à l'aide de machinerie lourde. On le transporte par barge sur une île à quelques kilomètres au large où les gros bateaux peuvent venir se charger avant d'apporter leur cargaison à des destinations internationales.





À la lagune, il n'y a qu'un restaurant, un quai avec quelques chaloupes et une vingtaine d'emplacements de camping avec ou sans palapa à la disposition des campeurs. Pour 5 $CAD par jour, nous avons l'emplacement bien éloigné des autres sites, la palapa et un accès à une bécosse malodorante et sale à faire peur. Pour cette fois-ci, nous sommes vraiment contents d'avoir notre petite toilette dans le VR.




Nous nous installons à un site et mangeons en regardant les souffles de baleines au loin. À l'oeil nu, j'en ai compté treize. Avec les jumelles, j'en compte un minimum de 32 dans mon champs de vision. Il n'y a pas de vent et on entend très bien le souffle des baleines qui passent à 500 mètres de nous environ.

En après-midi nous prenons une grande marche d'environ trois heures. Nous allons prendre les informations pour l'observation des baleines en bateau puis marchons sur la route du camping et revenons ensuite par la plage de sable et de boue.




Il y a énormément d'oiseaux sur la plage à marée basse : bécasseaux, chevaliers, barges, courlis à long bec, balbuzards pêcheurs et même une bernache cravant qui semble bien perdue toute seule de sa gang.  Un peu plus loin gît une carcasse de baleineau dont la mort remonte déjà à quelques semaines on dirait.  Pauvre petit qui n'a pas eu sa chance!









En fin d'après-midi, nous sommes entourés d'orages qui déversent des trombes d'eau sur le désert et sur la baie. On voit même des petites tornades qui s'élèvent devant les orages. Mais bizarrement, nous sommes épargnés. Nous prenons une petite douche derrière le VR en ménageant au maximum l'eau car il n'est pas possible de remplir son réservoir ici.

Un peu de guitare et vient ensuite le temps de préparer le souper. Hélène, bien installée dehors nous prépare des poitrines de poulet avec une ratatouille et du riz. On savoure notre repas en regardant les orages qui tombent sur la baie et sur le désert pendant que le soleil se couche. Très très spécial comme décor!


Nous passons notre soirée à trier les photos, faire le blogue et à lire comme à l'habitude. Le silence règne dehors, sauf pour le souffle des baleines qu'on entend parfaitement. Il ne manque que leur petite chanson pour nous tomber dans les bras de Morphée...



Samedi le 14 février. Laguna Ojo de Liebre Jour 2

Nous nous levons avec le soleil un peu avant 7h et prenons un bon petit-déjeuner avec deux cafés. Nous prenons notre temps car il vente un peu et il fait frais ce matin. Nous ne voulons pas partir trop tôt pour notre excursion aux baleines.

Nous nous rendons acheter nos billets vers 9h. Il y a tout de même une trentaine de personnes qui attendent pour prendre un bateau. Il faut dire que la Lagune Ojo de Liebre est très connue tant au Mexique qu'aux États-Unis. Il y a beaucoup de tours de quelques jours organisés à partir de la Californie et nous voyons de nombreux campeurs en tente ce qui était rarissime plus au sud.




Nous nous assoyons dans notre chaloupe avec deux mexicaines et leurs enfants ainsi qu'avec Daniel et Catherine, frères et sœurs, lui du Colorado et elle de la Californie. Il l'a rejointe à San Diego puis ils ont roulé jusqu'ici en deux jours. Ils ont fait deux excursions aux baleines hier et en sont à leur troisième ce matin. Ensuite c'est le retour en un jour et demi pour rentrer à la maison. Bien sympathiques, ils parlent même un peu français.



Nous partons du quai vers 9h45 pour notre tour d'une heure trente sur la Lagune. Nous avons déjà vu des baleines mais jamais autant. On ne les a pas compté, il y en avait certainement quelques centaines dans un horizon visible. Et ce qui est spécial, c'est qu'il y a beaucoup de mère avec leur petit baleineau. Ils suivent leur maman, passent par dessus, sortent la tête de l'eau, font des bonds et des cabrioles. Vraiment génial! Mais ce qui est encore plus fort c'est que les petits et même les mamans sont très curieux et viennent nous voir de très près. Ils sortent parfois la tête de l'eau pour mieux nous regarder. Ou ils s'approchent simplement et passent sous le bateau. Le code d'éthique est respecté par les capitaines. Ils ne coupent pas les baleines et les laissent simplement nous approcher ce qu'elles font volontiers. Parfois elles sont si près qu'on peut les toucher. Mais cela veut aussi dire qu'on peut recevoir le jet d'eau qu'elles expulsent par leur évent en respirant. Hélène et moi y avons goûté!












Nous sommes vraiment émerveillés par le spectacle. Parfois ils y a des baleines de chaque côté du bateau. On ne sait plus ou regarder. Et les dizaines et les centaines qui passent à quelques centaines de mètres, nous les ignorons n'ayant pas assez d'yeux pour tout voir. Quant à la météo, elle coopère bien et à part quelques petites averses au début, elle va en s'améliorant : moins de vent et plus chaud.

Nous retournons au quai vers 11h30, pleinement satisfaits, contents, heureux. Nous donnons un bon pourboire au capitaine puis jasons quelques minutes avec Daniel et Catherine avec qui nous avons échangé tout au long de notre safari aux baleines. Nous sommes tous d'accord pour dire qu'il s'agit d'une activité cinq étoiles, de calibre international. Nous échangeons notre adresse courriels puis ils prennent la route pour s'en retourner chez eux.

De retour au VR, nous décidons de changer de site. Nous roulons environ deux kilomètres sur le chemin de la baie et choisissons un site très près de l'eau où des centaines de barges, de coulis et de bécasseaux qui attendent que la marée ne baisse pour se nourrir. Il y a aussi des pélicans blancs, des bernaches cravants et des cormorans à aigrettes dont certains arborent de belles aigrettes blanches.

Nous décidons de prendre notre repas principal de la journée vers 13h. Après des morceaux de jicama comme amuses-gueule, je nous fais cuire des steaks sur un feu de charbon de bois qu'on mange avec des patates et un reste de ratatouille. Et une petite bière pour célébrer la St-Valentin!





En après-midi nous allons prendre une longue marche sur la plage avec nos jumelles, tant pour voir les oiseaux que pour regarder les dizaines de dos et de souffles de baleine au loin dans la lagune. Nous allons aussi voir les quelques sites qui sont situés encore plus loin que le nôtre et qui surplombent la plage. Ces sites sont entourés d'étranges petits arbustes épineux, sans feuilles, garnis de boules de lichens et arborant de jolies petites fleurs rouges. Assez étrange comme environnement.



Entre midi et 17h il a fait très beau et chaud mais voici que le ciel s'assombrit de manière inquiétante à l'est. On voit des éclairs au loin et cela semble se diriger lentement vers nous. Un arc-en-ciel apparaît au dessus du désert. Cela ne doit pas être si fréquent que cela, j'imagine. Du côté ouest, le soleil se couche en montrant le bout de son nez de temps à autre entre les gros cumulus qui change de couleur sans arrêt. Quel contraste! Nous fermons l'auvent et rentrons le matériel lorsque les premières gouttes de pluie nous tombent dessus. On plaint les voisins de camping qui campent avec des tentes et qui devront subir la tempête. Mais finalement, il ne tombe que quelques gouttes sur le camping. Les gros nuages noirs et menaçants passent au dessus de nous sans crever. Personne au camping ne s'en plaindra!





Vers 19h nous prenons un léger goûter : Foie de morue sur biscottes, concombre assaisonné de salsa en polvo El Tajin, goyaves fraîches et figues mission séchées. Reste la tisane que nous prenons en vaquant chacun à nos occupations habituelles. Le plus difficile ce soir, ce fut de jeter plus de la moitié des photos prises ce matin et de ne garder que les meilleures. Il faut bien le faire cela sinon on se retrouverait avec 15 000 photos au bout de cinq mois de voyages.

La soirée s'achève en allant écouter les cétacés souffler au loin avant d'aller dormir et rêver de baleines grises, de baleineaux, de cabrioles et de rencontres du troisième type avec ces géants des mers.


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